Cette lumière n'est pas celle du soleil ballad et vousDernière soirée avec invité avant la trêve estivale (mais le programme des projections continue jusqu’à fin juin) pour l’association Cinéfil, au cinéma l’Arlequin.

En cette veille de commémoration des 70 ans de la fin de la seconde guerre mondiale, les membres de l’association avaient convié Bernard Favre, réalisateur du film “Cette lumière n’est pas celle du soleil”. Un magnifique hommage à celles et ceux qui, par leur refus d’obéir, sont entrés dans l’Histoire de la plus belle des manières.
Aux heures les plus sombres de notre histoire, alors que la barbarie nazie envahit inexorablement la France, ils sont une minorité à oser se lever, au nom de la liberté, par refus de l’inadmissible. Tel un phare dans le brouillard, ils sont la lumière d’une nation dans la nuit. Chacun a ses raisons, tous ont le même espoir : celui d’un monde nouveau, et de lendemains qui chantent.
Vercors, Glières, vallée de l’Arve… nous avons tous en mémoire ces images en noir et blanc de jeunes maquisards à peine sortis de l’adolescence, qui formeront l’essentiel de « l’armée des ombres ».

Qui étaient-ils, ces résistants ?
Comment ont-ils vécu tout cela ?
Soixante dix ans ont passé : leur a-t-on suffisamment donné la parole ?

Bernard Favre, dans le cadre d’un projet piloté par la Cinémathèque des Pays de Savoie et de l’Ain, est parti à la rencontre de plus de 70 résistants, hommes et femmes, dont la plupart avaient entre 15 et 20 ans lors de leur engagement dans le maquis.
Sur les 200 heures de témoignages recueillies, le cinéaste savoyard, qu’on connaît notamment pour son film “La Trace” (1984), en a tiré une série de 13 épisodes de 40 minutes*, mais aussi un long métrage “Cette lumière n’est pas celle du soleil”.
Plus philosophique, plus intime, son documentaire capte la parole fragile de ceux qui ne se prennent pas pour des héros (« nous étions plus inconscients que courageux »).
Beaucoup n’avaient jamais parlé.
En retraçant leurs parcours et leurs actes, le film restitue une image de la jeunesse qui force l’admiration, et donne de l’espoir.
Car, ils en sont persuadés : « Les jeunes d’aujourd’hui feraient pareil à notre place »…« on n’a pas réfléchi, tout cela n’était qu’une affaire de circonstances, de milieu ».

Comment garder la foi en l’Homme, quand on a connu ces épisodes terrifiants de notre Histoire ?
Eux affirment ne conserver aucune rancœur, aucun regret, mais ils n’oublient pas. « On a vécu des bons et des mauvais moments. C’était exaltant, et très enrichissant ».
Malgré la peur, la mort qui rode (« l’espérance de vie, c’était le lendemain »), ils retiennent cette incroyable fraternité qui les lie pour toujours (« chacun aurait donné sa vie pour l’autre »).
De leurs « frères de feu », ils se disent encore dépositaires : « Certains de nos camarades sont morts très jeunes, sans même parfois n’avoir jamais connu l’amour. Nous avons une mission testamentaire vis-à-vis d’eux, nous sommes comptables de leur mémoire ».

Propos recueillis par Fabienne Bouchage

*Série documentaire Résistance dans les Alpes, disponible en coffret de 3 DVD, 2013, collection CPSA.

+ d’infos : Association Cinéfil (cinéma L’Arlequin), Hall de la mairie, 11 Bld de verdun, 01306 Belley.
Patrick David : 06 63 81 51 84
cinefilbelley@free.fr

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