Est-ce la pire crise agricole que le pays ait connue depuis 1945 ? Après un été marqué par un enchaînement de sécheresses et de canicules, c’est l’heure des comptes. L’impact sur les récoltes est catastrophique, les agriculteurs lancent un SOS.
Qui va payer les effets de cette saison dantesque ?
Est-il encore possible d’adapter notre agriculture au dérèglement climatique ou est-ce déjà trop tard ?
Peu de fruits et de fleurs, des plans grillés sur place, des calibres deux fois plus petits… Les conséquences se font déjà ressentir sur les étals, où le prix des fruits et légumes flambe. Le gouvernement promet un plan d’accompagnement des agriculteurs, mais puisque le scénario est amené à se reproduire, on leur demande également de prendre leur part : adapter leurs cultures aux nouvelles réalités climatiques. Le débat fait rage entre les défenseurs des retenues d’eau pour arroser et ceux qui prônent des méthodes alternatives de production.
Dans la newsletter de Bugey Côté Fermes du mois de juin, Jonathan, de l’exploitation Flam en Vert, partageait son regard sur cette saison précocement marquée par la canicule et ses conséquences sur le travail des agriculteurs. « L’adaptation que l’on nous demande est irréaliste. Ces températures en dents de scie (-0,5 °C au sol à Peyrieu le 17 mai, et +33 °C le 27 mai) ne conviennent à aucune culture, et la perte de production augmente d’année en année ».
L’ensemble de la filière est touché et les rendements s’effondrent.
« Comme toujours, on garde le moral, mus que nous sommes par notre passion pour le vivant (…). N’empêche, petit à petit, l’angoisse monte : on se demande (…) si l’on pourra continuer à produire encore longtemps dans ces conditions. Grâce à vous, qui nous faites confiance par votre présence au magasin, on garde espoir, convaincus que l’agriculture paysanne saura trouver les ressources pour construire le pays que nous voulons voir demain ».
Un témoignage authentique qui nous rappelle l’importance de soutenir une agriculture locale, engagée et de saison.
Fabienne Bouchage
