
Direction Tenay
Quand la carrière de tuf de la Cluse des Hôpitaux s’est effondrée.
Le dimanche 18 octobre 1896 à 4h05, un éboulement gigantesque se produit sur la ligne P.L.M. près de Rossillon, dans la Cluse des Hôpitaux, entre le lac de La Burbanche et celui des Hôpitaux, au lieu-dit «La Tuffière». Le passage à niveau n°51, où la route coupait la voie ferrée, disparaît sous les décombres. La voie ferrée et la route sont ensevelies sur 400 mètres. Une partie du moulin dit du «Touvat» et la scierie de M. Lapierre, de Rossillon, exploitant de la carrière de tuf, sont emportées. Le volume estimé est de 100 000 m³ de rochers, de tuf et de terre, détachés sur 200 mètres de long pour une surface de 4 hectares sur une hauteur parfois de plus de 10 mètres.

Photo de l’éboulement en 1896. L’association « Le Long des chemins de la pierre ».
Une montagne fragilisée par les pluies
La cause principale de la catastrophe tient aux pluies torrentielles et incessantes des semaines précédentes. Elles ont saturé le massif et fragilisé la montagne. La carrière de tuf, accrochée au versant et composée de couches instables, a cédé sous l’effet de l’eau.
Un bilan humain lourd
Le bilan humain est terrible.
La famille Patin est la plus touchée : M. Jules Patin, 47 ans, garde-barrière, et ses deux fils Louis, 13 ans, et Antoine, 15 ans, ouvrier aux usines Quinson de Tenay, périssent dans l’effondrement de leur maison. Mme Patin et ses 5 autres enfants, âgés de 5 à 11 ans, sont sauvés. M. Cyvoct, 45 ans, veilleur de nuit pour la compagnie P.L.M, originaire de Thézillieu, est également tué dans sa guérite. Il laisse une veuve et quatre enfants. Son corps ne sera jamais retrouvé.
L’express de Genève, parti de Bourg-en-Bresse, échappe de justesse au désastre en passant quelques minutes plus tôt.
Les secours seront prévenus par le mécanicien du train de marchandise, en provenance d’Ambérieu qui arriva sur les lieux à 4 h 37 et qui fit marche arrière pour alerter les secours.
La pierre de La Burbanche
Le tuf de La Burbanche était exploité comme pierre de construction légère. À cette époque, la carrière employait 4 ouvriers. Grâce à l’énergie hydraulique de la cluse, la pierre était sciée mécaniquement. Particulièrement appréciée pour sa légèreté, elle avait notamment été utilisée pour la construction des voûtes de la basilique de Fourvière.
Alain Metge
