Le père de Jean-Michel

Comme il est bon de remettre ses pas sur les traces laissées par ceux de notre jeunesse !
Ici, Grande-Rue, c’était l’épicerie Berne… Et puis, rue des Bains, au 12, c’était la menuiserie-ébénisterie Victor. Tiens, à ce propos, puisqu’il est question à Belley d’intelligence artisanale, un retour dans le passé de 102 ans à cet endroit prouvera la justesse du thème choisi pour le salon Bugey’Expo à Belley 2026 !

Un lieu « historique »

L’histoire de ce lieu, à présent atelier de tatouages, nous la commencerons au temps où il était grange à foin du relai de poste adossé contre le mur intérieur des remparts de la ville.

C’est en 1924 que Jean-Charles Victor s’y installa comme menuisier. Son fils Michel-Francisque (1915 – 2000) lui succède jusqu’à la troisième génération, celle de son fils Jean-Michel.

1924 – 2010, trois générations sur 86 ans dans un atelier de menuiserie digne des maîtres-artisans de jadis. Pas de machines sophistiquées produisant à la chaîne des articles standardisés : à chaque fois naissait un meuble, ou autre, unique.

Même le nom des outils d’alors avait une dimension poétique : la scie à Contourner pour scier en courbe, le truquin pour tracer les rainures et le vieil établi moyenâgeux taillé dans un bois lourd et éternel…

Jean-Michel Victor

De belles réalisations !

Jean-Michel et Joëlle son épouse, évoquent avec émotion ce long parcours d’artisans aux réalisations marquantes. Une boiserie pour l’abbaye d’Hautecombe avait nécessité, vu sa taille, d’être montée dans la rue en face de l’atelier. « Nous avons travaillé beaucoup pour l’Église », nous dit-il, rajoutant que certains bancs sacerdotaux de la cathédrale de Belley sont nés dans son atelier. Sans oublier maintes fenêtres du bâtiment scolaire Lamartine…Même une piste de danse, mais cette fois-ci laïque, dans un bar belleysan (aujourd’hui rasé) fut posée par Jean-Michel.

Nostalgie ?

A la question : « Si un jeune aujourd’hui avait voulu prendre la suite ? ». Jean-Michel répond que ce ne serait pas possible, vu la concurrence industrielle.

C’est fort dommage, mais gageons qu’il n’en sera rien, un air de retour aux vraies dimensions humaines a le vent en poupe.

Combien de Belleysans bientôt se souviendront de ce passé si riche au fil des rues, heureusement sauvegardé par les trois livres d’Huguette Sarra-Bournet sur les vieux commerces belleysans !

Michel Bigoni

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