Une occasion de rencontre annuelle, exceptionnelle, qui pourrait nous rappeler de vieux réflexes de sociétés tribales, lorsque notre maire nous accueille, chaleureusement, avant de s’exprimer pour nous rassurer et satisfaire à nos besoins de proximité et de solides cohésions municipales. Histoire de le remercier de ses efforts et des grands sacrifices consentis par son administration bienveillante, dévouée et encore chargée d’une énergie résiduelle, malgré des années de présence, de dévouement et de contrariétés agaçantes.
Enfin de ce qui pourrait mener au découragement dépressif et contagieux si la personnalité du maire n’avait pas la solidité, forte, et le courage adapté aux circonstances pour faire face aux exigences de la fonction prestigieuse et honorifique qu’il incarne. Fort de ce constat on pourrait très brièvement décrire le spectacle offert par nos comportements, un peu erratiques, alors que l’on se rassemble, tous groupés, en attente de ces fameux Vœux du Maire.
Donc tout commence au moment de nos retrouvailles, quand on recherche parmi la petite foule compactée qui s’installe, ceux avec lesquels on pourrait bien échanger un peu de notre bonne humeur de galopins, déjà enhardis par l’ambiance bruyante et turbulente qui se forme autour de nous. On profite de ces instants pour ajouter nos vœux personnels à ceux que nous avions oubliés ou à celles que l’on redécouvre avec le plaisir de bises échangées, à la mesure de notre amitié. Plus discrètement nos regards se baladent, façon repérages discrets, pour permettent d’identifier ceux avec lesquels on pourrait partager, ensuite, les plaisirs des réjouissances habituelles, généreusement soutenues par les traditions vinicoles et pétillantes des producteurs locaux.
Puis le temps des bavardages s’apaise quand arrive le moment attendu de l’intervention du maire.
Et c’est là que l’on pourrait comparer le caractère des vœux prononcés entre deux municipalités différentes : entre celle d’une petite commune rurale modeste et celle d’une ville centre de moyenne importance, consolidée par une structure administrative ordonnée et raisonnablement étoffée.
D’abord on parlera des Vœux du Maire d’une petite commune que l’on abordera avec un esprit léger, heureux de se retrouver ensemble, en famille, bien au chaud, dans une ambiance conviviale joyeusement contenue dans la grande salle dédiée à toutes les manifestations du village. Là où il nous est très facile d’identifier les plus marrants, enfin ceux qui agrémentent notre quotidien de leurs fantaisies et de leur humour mais qui, étonnamment, affichent ici la mine sérieuse de leur attention responsable. Une facette révélée de leur personnalité étroitement attachée à l’avenir du village, qu’ils aiment profondément, et dont l’ancrage se trouve souvent dans l’histoire lointaine de leur propre famille. Ils sont attentifs et concernés alors que le maire déplie, déjà, son petit papier avant de s’exprimer sérieusement, avec toute l’émotion contenue de son devoir annuel. Cela pour nous raconter le bref déroulé de ses activités passées de premier magistrat, partagées entre les chemins vicinaux, la cloche du clocher, les fuites d’eau, les chats errants, les canards baladeurs, le tri sélectif et la fibre optique (etc.). On mesure l’étendue de ses préoccupations, les devoirs de sa charge et la modestie de son propos. Une humilité affichée que l’on salut vivement par des applaudissements vigoureux. Puis on passe aux collations avec le vin du pays, dans un moment très privilégié de solidarité villageoise. On goûte ainsi aux plaisirs sacrés d’une Sainte-Ruralité !
Quant aux Vœux du Maire de la ville centre, de proximité, ceux-ci ressemblent à une cérémonie officielle de nature plutôt sévère, alors que les sujets évoqués s’imposent par la diction claire d’une présentation sérieuse. Puis le discours s’effiloche sous la forme d’un inventaire qui nous rappelle de grandes orientations, souvent dictées par une politique nationale. Le maire soigné et dignement cravaté est entouré d’invités de qualité, parmi lesquels on peut identifier un député, un sénateur ou un autre personnage de prestige.
Une présence qui souligne la gravité du moment. On est plus dans l’esprit d’une mobilisation générale que dans celui d’un apaisement prometteur d’insouciances.
Là aussi, tout fini autour d’une collation que l’on sirote avec modération comme pour participer aux économies municipales. Et finalement tout se passe très bien avec des souhaits sincèrement ressentis, qui s’ajoutent aux remerciements que l’on peut exprimer.
Bonne année à tous !
Paul Gamberini
