C’est assez amusant de renouer avec les beautés qui nous entourent lorsque l’on balade un visiteur occasionnel, parmi les paysages délicieusement ondulés de notre cher Bugey. C’est ce qui m’est arrivé récemment lorsque ma passagère, une charmante dame, parisienne, très citadine, s’extasiait à foison à mesure qu’elle découvrait les douceurs de nos collines, les charmes sauvages de nos paysages verdoyants, le calme paisible de nos campagnes et le bruit rugissant des cascades. Celles qui éveillaient bruyamment en elle des curiosités particulières, portées aux mystères de leurs eaux torrentielles. Les exclamations continuelles de ses impressions ne cessaient de m’étonner, au point de me demander si elle ne forçait pas un peu la mesure, par courtoisie ou pour me faire plaisir ? Ceci afin de soutenir ou de louer mon privilège extraordinaire, ainsi révélé, de joyeux campagnard innocent, un peu surpris et passablement demeuré. Noyé sans le savoir dans des paysages de rêve.  Comme si mon attitude passive, très éloigné de son monde de citadines actives, responsables et très engagées, ne pouvait être expliquée que par une sorte d’accoutumance, due à la beauté anesthésiante de mon environnement, dont elle se gargarisait d’admirations. Un comportement excessif certes, mais qui méritait quand même quelques réflexions.

     D’abord qu’il est vrai que la beauté de la nature apparait intuitivement partout, à ceux qui veulent bien en prendre conscience. D’abord dans la succession des paysages qui nous entourent où  je m’étonne souvent de l’incohérence des formes qui les modèlent et dans lesquelles je ne trouve aucune géométrie particulière ou parfaite, mais un laisser aller de courbes, de douceurs et de couleurs qui s’assemblent, ça et là. Ce qui permet aux hasards paysagés de montrer des tableaux de compositions admirables, avec parfois une petite touche de lac ou de rivière qui ajoute aux charmes de la présentation. On peut soutenir que cette beauté naturelle est multiple,  qu’elle se renouvelle à l’infini, autour des reliefs ou des rivages marins ou autres qui dessinent l’ensemble des surfaces terrestres. Et d’affirmer que la beauté qui nous entoure est superbe et universelle. Puis que dire de celle des animaux et là je ne connais pas de félins ou d’autres bestioles qui, de par leurs apparences et leurs comportements, pourraient contrarier mon admiration. Il me suffit de contempler mon chat, des moustaches jusqu’à la queue, pour confirmer mes impressions de beautés. Certes, on aime ou on n’aime pas les matous, mais ils nous permettent de reconnaître la perfection de leur espèce ainsi que celles de leurs semblables, plus impressionnants de taille et de férocité. Enfin, pour continuer sur ce sujet, on ne devrait pas oublier les efforts des petits bonshommes inlassablement motivés. De ceux  qui s’identifient tellement bien aux expressions de beautés qu’ils en composent ou en réalisent des quantités impressionnantes, sans interruption depuis la nuit des temps. On pourrait citer quelques exemples comme celles de la musique, de l’architecture, de la peinture ou de la sculpture ainsi que celles de nombreuses expressions artistiques. De tout ce qu’ils réussissent à produire souvent de façon admirable et étonnante comme, à titre d’exemple, la splendide Piéta de Michel Ange. En conclusion on peut affirmer que la beauté est partout et qu’elle influence fortement nos émerveillements, indissociables de notre nature admirative et de notre bonheur de vivre.

Quant à mon ami Marcel que pourrait-il bien en rajouter ? On l’écoute : « La beauté, bien sûr que c’est important car qui pourrait imaginer un jour des concours de laideurs, dans des organisations internationales ? 
Ce serait vraiment horrible et la fin des rêves éveillés! »

Paul Gamberini

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