
Jacques Gouillet
Oui, notre région a le privilège de posséder un artisan d’art remarquable en la personne de Jacques Gouillet… Aujourd’hui à la retraite de l’éducation nationale, installé à Arboys-en-Bugey, il est reconnu pour son exceptionnelle maîtrise du tournage ornemental sur bois.
Il travaille avec des machines rares, dont le tour à guillocher, permettant de créer des motifs d’une précision remarquable. Il a lui-même construit en compagnie de son ami Bernard Blanchard (en deux ans) un tour inspiré par celui que possédait Louis XVI !
Son savoir-faire lui permet de réaliser des pièces uniques, comme des sphères imbriquées ou des objets décoratifs aux formes complexes, entièrement façonnés dans un seul bloc de bois.
Son travail, apprécié des amateurs de métiers d’art et de tournage dépasse les frontières nationales et même européennes et s’inscrit dans une démarche de transmission et de valorisation du patrimoine.
Un talent nourri de valeurs humaines
Son grand-père, Arsène, garagiste sous l’occupation, cache dans le grenier de son atelier des enfants et des adultes juifs les sauvant de la mort, ce qui lui valut d’être honoré comme « Juste parmi les nations », puis gratifié au titre de Chevalier des palmes académiques.
Notons que Jacques (donc son petit-fils) obtint également les Palmes académiques et que le fils de Jacques les a aussi reçues ! Trois générations ainsi honorées…
Jacques suivra son père par le monde attaché à la construction de barrages et lui-même travaillera en Turquie, en Indonésie, au Pakistan. Cela avant son intégration comme enseignant à la cité scolaire de Belley.
Là, il mettra toutes ses forces à aider ses élèves pour qu’ils réussissent.
Ses œuvres sont nourries de toutes les valeurs humaines récoltées aussi par ses contacts avec d’autres civilisations. Ses maîtres-mots, lui qui parle parfaitement le patois bugiste, sont la patience (il « tourne » jusqu’à 70 heures par semaine), le partage et l’aide à autrui.
Ainsi, trois de ses œuvres figurant sur la photo témoignent de son ouverture de cœur à travers l’évocation de religions différentes : chrétienne, musulmane et bouddhiste.
Michel Bigoni
