
© Musée Gallo-Romain d’Aoste
Cérémonie festive le 30 janvier dernier à Aoste. Le Musée Gallo-Romain célébrait la restitution de l’aqueduc antique en bois d’Aoste et l’inauguration de la pirogue de Cordon, deux moments majeurs marquant le début de cette année culturelle dédiée à l’eau.
C’est une pièce rare qu’ont découvert en 2017 les archéologues dans la ville d’Aoste : un aqueduc en chêne de 32 mètres de long, vieux de plus de 2000 ans, qui alimentait le quartier d’habitation mis à jour par les fouilles.
La canalisation date de 33 à 13 avant notre ère, au moment de la construction de la ville. Rectiligne, elle est composée de piédroits et de planches de couverture, mais ne possède pas de fond. Cette disposition lui permettait de capter l’eau de la nappe phréatique affleurante. Pour assurer son entretien, l’aqueduc était doté de regards en plusieurs endroits. 2.5 m de la partie la mieux conservée de la canalisation sont donc exposés au Musée d’Aoste, grâce à une formidable chaîne humaine. L’aqueduc a été lauréat du concours ‘‘Sauvez le patrimoine de votre commune’’, proposé en 2017 par le CEA et l’AMF. Il a été restauré par ARC-Nucléart, une entreprise spécialisée dans la restauration des bois gorgés d’eau.

© Musée Gallo-Romain d’Aoste
Un autre objet de ce patrimoine antique est arrivé au musée, battant tous les records de poids et de longueur pour un ouvrage de cet ordre : la pirogue de Cordon.
L’histoire de cette pièce datant de la fin de l’Antiquité est singulière. Trouvée en 1862 dans le Rhône, lors de l’entretien des piles du pont de Cordon, la pirogue est ensuite exposée à l’air libre au Parc de la Tête d’Or. L’engouement des débuts laisse peu à peu place à l’indifférence. En 2011, à la demande de la Communauté de communes Terres d’Eaux (Bugey Sud), la pirogue retrouve ses terres et sera exposée au Musée Escale Haut-Rhône (fermé jusqu’en 2025).
Seule pirogue découverte dans le Rhône à ce jour, toutes périodes confondues, c’est aussi l’une des plus grandes de France. Elle est dite « monoxyle », c’est-à-dire taillée dans un seul tronc d’arbre, un chêne qui devait faire 1,2 à 1,3 mètre de diamètre. Trop grande pour être restaurée (elle ne rentrerait pas dans les bassins), elle a juste été consolidée à certains endroits.
Pour l’accueillir, la municipalité d’Aoste a dû transformer le musée existant, alors conçu comme un atrium avec son bassin au milieu. La pirogue trône désormais en plein centre, dans des conditions d’éclairage et de température favorables à sa conservation. C’est la pièce la plus volumineuse du musée.
L’accueil de ces deux objets a été l’opportunité de refondre le parcours du musée et de remettre à jour les informations sur la ville antique présente à l’emplacement d’Aoste. On pensait avoir affaire à un village de potiers sur pilotis, on serait plutôt sur une cité de près de 10 000 habitants, la 2ème plus grosse agglomération du secteur après Vienne. Un carrefour commercial et économique important à l’époque.
La pirogue de Cordon date de la fin de l’Antiquité, une période de déclin, alors que le Rhône s’est déplacé et la ville perd son port. Le système économique s’effondre, les habitants s’en vont.
On compte par la suite moins de 300 habitants au Moyen Age sur ces terres.
Pour célébrer ces témoins rares du passé, restaurés et désormais préservés au musée, s’ouvre à Aoste une année culturelle placée sous le signe du Rhône, de son histoire et de son patrimoine. Soyez au rendez-vous, laissez-vous guider !
Fabienne Bouchage
+ d’infos : Musée Gallo-Romain d’Aoste
43 place du Musée – 38490 AOSTE
Tél : 04 76 32 58 27
mairie-aoste.org
musee@mairie-aoste.org
